Période des questions – le 14 juin

Question au Sénateur Peter Harder sur l’effet de l’indexation des taux de droit d’accise du projet de loi C-44 sur l’industrie de la bière, du vin et des spiritueux.

Voir texte complet de la période des questions.

Les finances

La croissance économique—Le marché immobilier

L’honorable Larry W. Smith (leader de l’opposition) : Honorables sénateurs, ma question s’adresse au leader du gouvernement au Sénat. Il y a à peine quelques mois, le Comité consultatif en matière de croissance économique a dit au gouvernement que, s’il voulait vraiment stimuler la croissance économique, il devrait se concentrer sur l’innovation, améliorer les infrastructures et faire en sorte que les travailleurs puissent acquérir la formation professionnelle dont ils ont besoin.

[Traduction]

Nous avons, depuis, assisté à la présentation d’un programme d’infrastructure de 186 milliards de dollars, dont moins de 10 p. 100 des projets visent la croissance économique, et d’un nouveau budget de l’innovation qui prévoit 1,4 milliard de dollars en vue de faire bouger une économie de 2 billions de dollars, soit une économie nationale à bout de souffle en raison d’un marché de l’habitation en surchauffe et de discussions constantes au sujet de la possibilité d’une hausse des taux d’intérêt.

Jeudi dernier, la Banque du Canada a publié sa Revue du système financier semestrielle, dans laquelle elle a souligné que l’endettement des ménages continue d’augmenter en raison des prix des logements dans les principaux marchés. Hier, Kevin Page, l’ancien directeur parlementaire du budget, a dit au Comité sénatorial des finances que la situation dans le secteur immobilier n’est pas viable. Le FMI et l’OCDE s’inquiètent tellement du niveau effréné de la dette à la consommation au Canada que les deux organismes recommandent la mesure draconienne d’imposer un plafond pour limiter l’endettement personnel.

Le leader du gouvernement au Sénat peut-il expliquer au Sénat ce que le gouvernement a l’intention de faire lorsqu’il y aura une correction du marché de l’habitation?

L’honorable Peter Harder (représentant du gouvernement au Sénat) : Je remercie l’honorable sénateur de sa question. Comme des réponses à des questions similaires l’ont déjà souligné, le gouvernement du Canada a pris de nombreuses initiatives, en coordination avec d’autres ordres de gouvernement et par l’intermédiaire de la SCHL, pour calmer le marché de l’habitation. Selon des données récentes, ces mesures ont eu les effets escomptés.

J’aimerais également souligner que la première sous-gouverneure de la Banque du Canada a fait allusion à des indicateurs de croissance très positifs dont les données montrent que plus de 70 p. 100 des industries ont connu une croissance et que le marché de l’emploi continue de s’améliorer.

Le Canada jouit toujours de la meilleure situation financière des pays du G7. La croissance était de 3,7 p. 100 au premier trimestre de 2017. Au cours de la dernière année, l’économie canadienne a créé un quart de million de nouveaux emplois. Par ailleurs, depuis décembre 2015, le taux de chômage au Canada est passé de 7,1 à 6,5 p. 100. L’approche qu’adopte le gouvernement par rapport à l’économie fonctionne.

Le sénateur Smith : Merci, monsieur le leader. Ce sont les faits. Cependant, une question qui continue de tourmenter les Canadiens est le montant de l’endettement de chaque Canadien par rapport à son revenu, et je pense qu’il s’élève à 170 p. 100. Le chiffre dont je disposais, c’est un ratio de la dette-revenu d’environ 167 p. 100, ce qui est très sérieux.

Les États-Uniens signalent qu’ils vont hausser leurs taux d’intérêt au cours des prochains trois à six mois. Dans notre pays, quelles seraient les conséquences d’une hausse de 1 p. 100 sur les consommateurs déjà lourdement endettés?

Je suis conscient des bonnes nouvelles économiques que vous avez lues, mais il existe des éléments sous-jacents qui nous rendent toujours vulnérables. Si vous ne pouvez pas répondre à la question aujourd’hui, pourriez-vous chercher la réponse? Il est important pour les gens qui sont lourdement endettés de comprendre ce que cela signifie de passer d’un taux hypothécaire de 2 à 4 p. 100 ou de 3 à 4 p. 100.

Le sénateur Harder : Je remercie l’honorable sénateur de sa question. Je vais, bien sûr, chercher la réponse comme il me demande de le faire, mais j’aimerais aussi souligner son préambule dans lequel il a affirmé que nous étions toujours en situation de vulnérabilité. Voilà pourquoi il est si important d’adopter le budget à l’étude : pour que ses mesures puissent soutenir et renforcer l’économie canadienne. J’espère que tous les sénateurs trouvent cela encourageant.