Période des questions – le 21 juin

Questions au sénateur Peter Harder, représentant du gouvernement au Sénat, sur le problème d’endettement croissant des ménages et dépenses gouvernementale excessives qui créent de l’inflation.

Voir texte complet de la période des questions.

Les dépenses du gouvernement

L’honorable Larry W. Smith (leader de l’opposition) : Ma question s’adresse aussi au leader du gouvernement au Sénat.

Dans un rapport rendu public hier, le directeur parlementaire du budget lance une mise en garde aux Canadiens, disant que « la vulnérabilité financière du ménage canadien moyen s’accroîtra pour atteindre un niveau sans précédent ».

Hier, le sénateur Woo a laissé entendre que la responsabilité d’agir sur l’inflation incombait uniquement à la Banque du Canada. Les principes de base de l’économie nous enseignent que l’augmentation de la masse monétaire par des emprunts crée de l’inflation. La réaction de la Banque du Canada consiste alors à hausser les taux d’intérêt, de manière à resserrer l’accès au crédit. Ceux qui vivent de leurs placements dans des fiducies aiment les taux d’intérêt élevés, mais, aux yeux du vaillant Canadien moyen qui doit faire ses paiements hypothécaires ou qui a un prêt à rembourser pour son entreprise, une hausse des taux d’intérêt n’est pas rassurante.

Le directeur parlementaire du budget estime que, si la Banque du Canada haussait son taux directeur pour le faire passer de 0,5 p. 100 à 3 p. 100, la famille moyenne canadienne serait obligée de consacrer, d’ici la fin de 2021, 16,3 p. 100 de son revenu disponible au remboursement de ses dettes. Comme je l’ai indiqué dans mon discours tout à l’heure, la Société canadienne d’hypothèques et de logement, Moody’s et d’autres acteurs importants du domaine s’inquiètent du niveau des dettes hypothécaires dans les marchés comme Toronto et Vancouver.

Comme les déficits s’annoncent colossaux, que les taux d’intérêt devraient augmenter et que le marché de l’habitation est instable dans plusieurs villes, que fera le gouvernement pour tenter de corriger sa trajectoire dangereusement dépensière?

L’honorable Peter Harder (représentant du gouvernement au Sénat) : Je remercie mon collègue de sa question. Évidemment, je ne partage pas son avis sur un certain nombre de points soulevés dans la prémisse de sa question. Ni moi ni le gouvernement ne croyons que les dépenses de l’État sont exorbitantes et hors de contrôle. Le plan fiscal est adapté à la situation économique actuelle. Le gouvernement fait des choix délibérés et prudents, et il est nécessaire d’injecter de l’argent dans les infrastructures afin de préparer l’économie canadienne pour l’avenir.

En ce qui a trait aux taux d’intérêt, je dirais qu’ils sont plus bas qu’ils ne l’ont jamais été et que, à long terme, dans l’optique d’un cycle économique, il ne sera pas possible de les maintenir à ce niveau. Cependant, le gouvernement pense qu’il est peu probable que les taux d’intérêt connaissent une croissance explosive dans un avenir prévisible, quoiqu’il puisse y avoir une certaine variabilité dans l’univers des taux d’intérêt, comme le sénateur le sait.

En ce qui a trait au marché du logement, le gouvernement a pris un certain nombre de mesures, notamment par l’entremise de la Société canadienne d’hypothèques et de logement, afin de préparer les consommateurs à relever les défis que présentent la nouvelle économie et les nouveaux taux d’intérêt. Il agit en outre sur certains marchés, en particulier ceux de Toronto et Vancouver, et au niveau provincial. Je suis heureux de dire — comme le sait d’ailleurs le sénateur — que les effets de ces mesures se font déjà sentir sur ces marchés.

Le sénateur Smith : J’ai une question complémentaire. Si j’ai une maison de 300 000 $ et une hypothèque de 200 000 $ et que le taux d’intérêt, qui est aujourd’hui de 3 p. 100, passe à 5 p. 100, je paierais, au titre de l’intérêt, presque le double pour chaque tranche de 100 $ ou de 100 000 $ de dette. Il n’est pas nécessaire d’avoir une augmentation majeure. si le taux passe de 3 à 4 ou à 4,5 p. 100, la hausse est importante, même si le taux demeure bas. Une fois que l’on passe à un et demi ou à un et trois quarts du montant de base, même à un faible taux d’intérêt, cela peut être très difficile pour la famille canadienne moyenne.

Cela m’amène à la question d’ordre général suivante : envisagez-vous le moment où nous essaierons de contrôler la dette et d’arriver à un certain équilibre, ou bien va-t-on laisser aller la situation pendant les 10 prochaines années pour revenir ensuite au programme d’aménagement des infrastructures?

Le sénateur Harder : Je remercie l’honorable sénateur de sa question.

Permettez-moi de rappeler ce que le ministre des Finances a affirmé dans ses rapports économiques et, tout dernièrement, dans le budget. Le gouvernement du Canada prévoit, pendant la période visée par le plan financier, un fonctionnement déficitaire mais, parallèlement, un abaissement du ratio de la dette par rapport au PIB, selon l’objectif qu’il s’est fixé.